Chronique d’ÉducaVie n° 12 – FACE AU HARCELEMENT : COMMENT AGIR AUTREMENT ?
« Nos cicatrices nous rappellent que le passé a été réel, mais elles ne dictent pas notre avenir. » — Brené Brown
FACE AU HARCELEMENT : COMMENT AGIR AUTREMENT ?
Le harcèlement est un fléau qui laisse de profondes cicatrices à l’âge adulte. Longtemps minimisé et réduit à des moqueries et jeux d’enfants sans conséquences, nous prenons maintenant conscience de l’importance d’y mettre un terme.
Toute la difficulté réside dans la manière d’y réagir de façon efficace :
- On a souvent conseillé aux enfants d’ignorer leurs agresseurs, en leur disant que ceux-ci finiraient par se lasser, mais les faits montrent que cette stratégie ne fonctionne pas.
- Les adultes ont parfois décidé d’intervenir de manière frontale, avec pour seul effet de faire passer le harcèlement en mode « furtif » : toujours aussi blessant pour l’enfant, mais beaucoup plus discret et presque indétectable par les adultes en raison de son ambiguïté.
La pression est également accrue sur l’enfant : « T’es allé rapporter aux adultes ? T’es vraiment un bébé ! »
- Aujourd’hui on encourage une approche par l’empathie, pour sensibiliser les agresseurs aux conséquences de leurs actes, en comptant sur la « nature bonne » que l’on présume être en chaque être humain.
A l’heure actuelle il est encore difficile de dire ce qui fonctionne vraiment. Pour certains enfants, l’approche par l’empathie fonctionnera, en particulier pour ceux qui sont entrés dans la dynamique par l’effet de groupe, ou ceux qui n’ont pas une complète conscience des conséquences de leurs actes et cherchent simplement à extérioriser une frustration, un mal-être, reproduire ce qu’ils ont subi pour ne pas se retrouver du côté des « faibles » cette fois-ci.
Mais la triste réalité est que le péché est dans le cœur de l’Homme dès sa naissance, et certains enfants trouveront du plaisir à avoir connaissance de la souffrance qu’ils infligent : ils en tireront un sentiment de puissance et seront encouragés à continuer, au lieu d’être dissuadés.
Pour ces enfants, il existe les solutions concrètes proposées par l’Education Nationale, à savoir les faire changer d’établissement, et il est juste et nécessaire de réagir concrètement, mais la vérité est que cela ne fait que déplacer le problème, et d’autres enfants seront bientôt ses victimes là où il aura été transporté.
Que nous reste-t-il à faire, dans ces cas-là ?
Comme dans toute situation où nous sommes confrontés à nos limites et notre impuissance, il nous reste à faire appel au Tout-Puissant.
Prions pour que le Seigneur transforme leur cœur, qu’ils vivent une vraie repentance, que les blessures qui ont permis au péché de faire son nid dans leur cœur puissent être guéries : ces flèches qui leur ont donné l’illusion qu’ils avaient besoin de dominer les autres pour exister et être en sécurité.
En parallèle, mettons en place des mesures de protection, ne laissons pas nos enfants exposés à cette souffrance continuelle, mais une fois l’enfant parti, ne nous en lavons pas les mains, considérant que le problème ne nous concerne plus. Portons ces enfants dans la prière. Et invitons nos enfants à mettre en pratique cette parole de Jésus : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent » (cf. Matthieu 5.44).
Comment ? Quand on est tellement brisé, comment mettre en pratique cet enseignement ?
C’est un vrai défi, autant pour nous, parents, qui avons vu notre enfant subir cette violence, que pour notre enfant, qui a expérimenté le harcèlement et ce qu’il a produit dans son âme. Alors :
- Allons auprès du Consolateur exprimer toute notre souffrance, sachant qu’Il nous entend et se soucie de nous, et recevons la guérison et la paix dans ses bras.
- Pardonnons à l’agresseur : cela ne diminue pas la gravité de ce qu’il a fait, mais laissons à Dieu le soin de s’occuper de lui, en nous libérant de la colère et du désir de vengeance qui rongent nos cœurs.
- Rappelons-nous aussi que nous ne combattons pas contre la chair et le sang (cf. Ephésiens 6.12) : le véritable ennemi n’est pas l’enfant, mais le diable qui l’a utilisé pour semer le mal, et cet enfant est aussi une victime.
- Prions pour que Dieu agisse puissamment en lui et opère une transformation surnaturelle. Que cet enfant fasse l’expérience du salut et de la métamorphose que Jésus veut opérer en chacun.
Même si nous ne revoyons plus jamais cet enfant, un jour, là-haut, nous serons surpris de voir l’effet de nos prières, bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer.
Ce choix nous transformera, transformera notre enfant, et transformera la vie de celui qui est aujourd’hui un agresseur, renversant le plan de l’Ennemi pour la gloire de notre Dieu.
Soli Deo Gloria !
Eliane BERGER

Image : https://www.romenrg.com/blog/2023/12/31/building-resilience-overcoming-adversity-and-finding-balance/



